Violence et santé, violence institutionalisée

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Violence et santé, violence institutionalisée

Message  surpris le Lun 31 Déc - 17:19

A la suite, un certain nombre de documents de référence mis en ligne sur sante.gouv.fr en juin 2007. Ces documents permettent de se détacher quelque peu des débats les plus en vogue. Des préconisations officielles devraient encore suivre à la mi 2008.

Le rapport "Institutions, organisations et violence" aborde le sujet de la justice, de l'aide à l'enfance et aux familles. A la page 29 de ce document, les auteurs posent une question fondemmentale:

Une institution peut-elle se remettre en question?

Il est rarissime qu’une institution reconnaisse sereinement qu’elle produit intrinsèquement de la violence.

La remise en cause du bizutage en France, pour référer à cet exemple, n’est certainement pas venue des institutions mais d’individualités, soutenues par leurs familles et par les médias, au risque pour les personnes concernées de se faire exclure de leur corps d’appartenance.

Est-ce qu’un tel constat ne voudrait pas dire qu’une institution générant de la violence ne peut la juguler par elle-même? Est-ce que la résistance au changement ne tient pas aussi aux fonctions sociales de la violence dans une institution? Est-ce que l’intervention d’un tiers est nécessaire pour qu’une institution puisse s’interroger et conduire un processus de correction?

Dans ce cas, on s’est demandé si un consultant extérieur est la bonne personne ou s’il est possible de nommer un médiateur interne à l’organisation ou s’il faut plus structurellement mettre l’institution en demeure de se réguler.



De source sante.gouv.fr, Violence et santé

La violence concerne tous les âges de la vie - de la petite enfance à la vieillesse-, se présente sous de multiples formes - violence physique, agression sexuelle, violence institutionnelle, violence contre soi-même - et se situe dans la sphère privée aussi bien que publique. Bien qu’on ne dispose pas, en France, de sources d’informations permettant de quantifier globalement son impact en termes de santé publique, on sait que l’exposition à des phénomènes de violence modifie, même après des années, le cours de la vie et constitue un facteur de risque pour de nombreuses pathologies.


Le rapport de l’OMS intitulé «Rapport mondial sur la violence et la santé» paru en 2002, qualifie la violence de «défi planétaire» dont le coût serait considérable en termes de répercussion sur la santé des victimes et de fardeau pour les établissements de santé. Déclaration confirmée par le Haut comité de santé publique qui, en 2003, constate que «les fruits de la violence apparaissent principalement dans la sphère sanitaire». Le ministère de la santé a donc jugé nécessaire d’analyser les phénomènes de violence en termes de santé publique et de mettre en œuvre des actions dans ce domaine. La loi n° 2004-806 du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique prévoit ainsi, parmi ses cinq plans stratégiques, un plan national de lutte pour limiter l’impact sur la santé de la violence.

Un comité d'orientation interministériel présidé par le Dr Anne Tursz (directrice de recherche à l'INSERM, pédiatre et épidémiologiste) a conduit les travaux préparatoires à l’élaboration de ce plan. Ce comité a réuni six commissions de travail thématiques:

- Enfants, adolescents et jeunes, présidée par le Dr François Baudier,
- Genre et violence présidée par le Dr Jacques Lebas,
- Institutions, organisations et violence présidée par le Dr Omar Brixi,
- Personnes âgées et personnes handicapées présidée par le Pr Marie-Eve Joël,
- Santé mentale présidée par Mme Anne Lovell,
- Violence, travail, emploi et santé présidée par le Pr Christophe Dejours.


Le rapport de synthèse des travaux sur "Violence et santé", remis au ministre de la Santé et des Solidarités le 18 octobre 2005, servira de base à l’élaboration du Plan violence et santé, qui trouvera une déclinaison dans les plans régionaux de santé publique.

Lire le rapport
Lire le rapport (version anglaise)
Consulter les annexes



En lisant ces documents, il faut garder à l'esprit qu'il y a parfois des non-dits, des tabous, un décalage entre les productions françaises, le terrain ou l'idée que l'on s'en fait, et les rapports rendus à ces mêmes sujets par des experts indépendants. D'où le rappel de deux articles de presse et un extrait choisi dans «Institutions, organisations et violence» selon lequel le milieu carcéral, un espace privatif de liberté, serait fondé sur «l'usage légitime de la force», «dans le respect des droits de l’homme et de la personne».

Quand la prison usurpe la plume des psys • De faux avis psychiatriques auraient été établis pour justifier des sanctions contre des détenus.
Par Dominique SIMONNOT, Libération, Samedi 26 août 2006

Prisons : un rapport stigmatise à nouveau les pratiques de l'administration française
LE MONDE | 06.12.07 | Extrait
"Traitement inhumain et dégradant." Une nouvelle fois, le Comité de prévention de la torture (CPT) du Conseil de l'Europe stigmatise les prisons françaises. Dans son rapport, qui fait suite à des visites à l'automne 2006, le CPT s'inquiète principalement des conditions de santé, du placement à l'isolement, de la surpopulation carcérale.


Le milieu carcéral, un lieu de violences
Extrait de "Institutions, organisations et violence"

Dans cet espace fondé sur la privation de la liberté et l’usage légitime de la force dans les cadres réglementaires dans le respect des droits de l’homme et de la personne, la violence, prévue par la loi, est structurellement inscrite.

La privation de liberté constitue en elle-même une violence faite au corps et à l’esprit de celui qu’elle touche. Elle s’exprime et façonne les rapports sociaux entre détenus, entre surveillants, entre surveillants et détenus, et se manifeste par et dans les représentations qu’en a la société.

surpris

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Re: Violence et santé, violence institutionalisée

Message  transparent le Mar 1 Jan - 9:26

Dans nos situations, nous subissons des violences physiques pour les conjoints battus. Ce sont encore les moins dévastatrices.

Il y a surtout les violences morales ou psychologiques qui sont terribles et qui atteignent non seulement le conjoint victime de violences morales, mais aussi les enfants. Le conjoint adulte a de la peine à s'en tirer, mais enfants s'ils sont jeunes en traîneront les séquelles tout leur vie.

Il y aussi les violences financières au travers du pillage des biens du conjoint avant qu'il n'ait pensé à se protéger.

Dans le cas des personnes qui ont à faire aux travailleurs sociaux, il y a les violences institutionnelles qui vont jusqu'à l'enlèvement des enfants et la culpabilisation des parents qu'on enferme dans une gangue de culpabilisation pour les neutraliser. C'est une violence terrible dont peu de parents sortent indemnes.

Dans le passé, j'ai subi les violences psychologiques de mon employeur. Comme j'étais solide, elles ne m'ont pas trop affecté, mais un de mes collègues fragile s'est suicidé et si on ne peut pas le prouver, il est certain que la violence du chef n'a pu qu'accentuer le mal . Une autre de mes collègues s'est trouvée mise en difficulté face à ces violences morales. En l'occurence il s'agissait de violences morales morbides s'appuyant sur le décés de son mari et d'un de ses fils quelques mois avant. On était dans les processus les plus violents décrits par Hirigoyen dans son ouvrage.

transparent

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Re: Violence et santé, violence institutionalisée

Message  surpris le Mar 1 Jan - 15:22

transparent a écrit:Il y a surtout les violences morales ou psychologiques qui sont terribles et qui atteignent non seulement le conjoint victime de violences morales, mais aussi les enfants. Le conjoint adulte a de la peine à s'en tirer, mais enfants s'ils sont jeunes en traîneront les séquelles tout leur vie.


C'est un discours inutilement alarmiste. L'histoire nous a déjà démontré que des évènements même les plus terribles dans une existence ne déterminent absolument pas l'avenir d'un sujet. Il est tout à fait possible de se "reconstruire" ou de "construire" encore et malgré tout.


Plus en rapport avec le sujet initial, Violence et santé, violence institutionalisée: Le Point est allé mesurer sur le terrain combien la réalité est éloignée des discours

La conclusion d'un article du 05/04/2007: Pour comprendre, nous avons pris rendez-vous avec le directeur de l’ASE du département, qui, dès la deuxième question, portant sur la masse salariale de l’association, a mis fin à l’entretien. Depuis, dans un courrier adressé au Point, l’ASE a fait savoir qu’En Temps n’était plus autorisée à recevoir des mineurs de moins de 15 ans et qu’elle ferait l’objet d’un contrôle extérieur. Quant aux vigiles, ils devraient enfin bénéficier d’une formation de «moniteurs éducateurs»...

surpris

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Re: Violence et santé, violence institutionalisée

Message  surpris le Dim 6 Jan - 18:43

Au JDD, parmi les priorités de MAM: les violences intrafamiliales et l'alcool. Les Etats généraux de l'alcool s'étaient tenus de septembre à novembre 2006. Ces Etats généraux visaient à informer le citoyen et à ouvrir le débat avant la redéfinition d’une politique de santé par les pouvoirs publics.

Etats Généraux de l'alcool,
de septembre à novembre 2006,
Thème 6 : Alcool et violence

Les relations entre alcool et violence sont relativement complexes, les personnes alcoolisées pouvant être auteurs ou victimes.

Les effets pharmacologiques de l’alcool jouent très probablement un rôle dans la survenue d’actes de violence.


Sur cette thématique alcool et violence, les données manquent particulièrement dans notre pays. Toutefois, selon des études menées aux Etats-Unis et au Canada, les victimes d’agressions physiques ou sexuelles reliaient les violences à une prise d’alcool ou d’autres drogues par l’agresseur dans une proportion variant de 26 à 39 % des cas, tandis que l’alcool serait impliqué dans 40 à 50 % des homicides.

En outre, parmi la population carcérale, un nombre particulièrement élevé de personnes présente des conduites addictives. D’après l’étude réalisée par la DRESS en 2003, sur l’état de santé des personnes détenues à leur entrée en prison, un quart des entrants déclaraient au moins deux consommations à risque parmi les suivantes : consommation importante de tabac, consommation excessive régulière ou discontinue d’alcool, utilisation prolongée ou régulière de drogues illicites dans l’année précédant l’incarcération.

Le lien entre alcool et violence peut être étudié du côté de la personne dépendante de l’alcool « victimisé » (alcoolique qui se met en danger, personne vulnérable), de la victime ignorée, non entendue ou du côté de la victime d’une personne alcoolique (victime d’accidents de la circulation, violences intra familiales, violences gratuites…). Sur ce dernier point, il convient de préciser que l’alcool est la deuxième cause d’accidents corporels de la circulation après les excès de vitesse.

Les Etats généraux de l’alcool [permettaient] d’aborder ce sujet souvent évoqué, sans jamais avoir fait l’objet d’un débat approfondi.


Autres thèmes de ces débats: alcool et modes de vie, alcool, travail, emploi, alcool et situations à risque, alcool et publics sensibles, alcool et inégalités


MAM : "Mes résultats sont là"
Le Journal du Dimanche, 06 Janvier 2008, extraits

Quelles seront les grandes orientations de votre ministère pour 2008 ?

La protection des Français contre le terrorisme est évidemment la priorité. La lutte contre le trafic de drogue et l'économie souterraine qu'il engendre sera un axe majeur de ma politique. J'ai décidé de relancer les GIR et demandé aux préfets d'établir dans chaque département un plan de lutte énergique contre ces trafics. Contre la délinquance générale, je veux que les moyens de police technique et scientifique soient utilisés systématiquement, y compris pour la délinquance de masse tels les vols. Un test sur 200 cas de petite et moyenne délinquance a montré que les moyens de la police technique et scientifique permettent d'identifier 80% des coupables. Je vais développer la vidéoprotection, les raccordements des caméras existantes aux centres de police et l'utilisation des fichiers d'empreintes digitales et génétiques. En matière de violence routière, dès l'été, nous serons en mesure de détecter les conducteurs sous l'emprise de drogues, aussi facilement que ceux sous l'emprise de l'alcool, grâce aux tests salivaires. Enfin, j'ai l'intention de me saisir du dossier des violences intrafamiliales. Beaucoup sont liées à l'alcool, on le constate lors des dépôts de plainte. Je viens de demander au président de l'Observatoire national de la délinquance de réaliser une étude sur le sujet.

Que répondez-vous à ceux qui mettent en doute la validité des chiffres de la délinquance ?

Je leur rappelle juste que les indicateurs de calcul de la délinquance n'ont pas changé. Mais les chiffres ne sont pas tout. Je considère que, tant que des actes délictueux sont commis, mon travail n'est pas achevé. Ni malheureusement celui de mes successeurs, pour de nombreuses années d'ailleurs... Je ne suis pas obsédée par les chiffres, mais ils permettent de juger de l'évolution de la situation, un peu comme les sondages. Ils nous aident à voir quels types de délinquance sont en régression ou en progression et à nous doter des moyens d'y répondre.

surpris

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